le Soudan du Sud a adopté lundi 20 août un budget de 81,6 milliards de livres soudanaises (626 millions de dollars américains) pour l’exercice 2018-2019. Soit une hausse de 75 % des dépenses publiques par rapport au budget précédent. Une décision qui pose beaucoup de questions tant la situation économique du pays est délicate
Le gouvernement sud-soudanais n’a pas dit comment il comptait
financer l’explosion de son budget, votée lundi. Le ministre des
Finances a pourtant assuré qu’il serait couvert par les propres
ressources du pays, sans emprunt
Salvatore Garang Mabiordit a précisé que 40 % de la somme servirait à
payer les salaires. Or, la majorité des dépenses du Soudan du Sud se
font dans le secteur de la défense. Là-dessus, le ministre a seulement
reconnu que « la paix coûtait cher »
Un budget qui semble irréaliste
L’écrasante majorité des revenus du pays provient du pétrole. Or le gouvernement a annoncé un retour de sa capacité totale de production d’ici la fin 2018. Sauf que « beaucoup
d’infrastructures ont été pillées, endommagées ou fermées dans
l’urgence à cause de la guerre. Relancer cela demandera beaucoup de
temps et d’investissement », explique Luke Patey, chercheur à
l’université d’Oxford. Il ajoute que les compagnies étrangères sont très
frileuses, vu les conditions de sécurité.
Si l’on en croit la Banque Mondiale, ce budget n’est pas tenable.
L’institution pointe une forte inflation, une énorme dette, la menace de
sanctions internationales ou encore une croissance négative de quasi
7 % l’an dernier.
« Si le gouvernement compte sur la communauté internationale pour payer la différence, il risque d’être déçu »,
confie un observateur. Les autorités se raccrochent peut-être sur
l’espoir d’un accord de paix, dont le texte est en discussion. Mais là
encore, l’état des négociations n’inspire pas confiance.
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